IAG à Avignon Université : Ce que font (vraiment) les étudiants

Depuis l’arrivée massive de ChatGPT fin 2022, l’intelligence artificielle générative (IAG) a bouleversé le monde académique. Mais au-delà des fantasmes de triche généralisée, comment les étudiants utilisent-ils réellement ces outils ?

Une enquête menée auprès des étudiants de l’Université d’Avignon (425 réponses exploitables) lève le voile sur ces nouvelles pratiques.

Cet article présente une synthèse des principaux résultats.

Une adoption massive et quotidienne

L’IAG n’est plus une curiosité, c’est un outil structurel : 82,7 % des étudiants déclarent l’utiliser dans le cadre de leurs études. Pour beaucoup, c’est devenu une routine de travail : plus de 76 % des utilisateurs y ont recours au moins une fois par semaine, et plus d’un tiers (35,7 %) l’utilisent quotidiennement.

Sans surprise, ce sont les modèles textuels (comme ChatGPT ou Gemini) qui dominent largement les usages (96,1 %), loin devant les outils de génération d’images ou de vidéos.

Plus qu’un raccourci : un « tuteur numérique »

Contrairement au cliché de l’étudiant passif, l’IA est majoritairement utilisée comme un étayage cognitif. Les trois activités les plus fréquentes sont :

  • L’aide à la compréhension des cours (73,4 %) : pour reformuler ou clarifier des concepts complexes.
  • L’aide à la révision (72 %) : pour générer des quiz, des QCM ou des exercices d’entraînement.
  • La recherche documentaire (71,6 %) : pour trouver des sources ou synthétiser une masse d’informations importante.

L’IA intervient souvent pour surmonter un blocage (page blanche) ou gérer une surcharge de travail.

Des usages diversifiés et conscientisés

Des autodidactes qui restent critiques

83,7 % des étudiants se sont formés seuls à l’usage de l’IA, par « essai-erreur ». L’accompagnement par les enseignants reste marginal (8,2 %), créant ce que les chercheurs appellent une « fracture numérique de second niveau », où la maîtrise de l’outil dépend de la curiosité individuelle plutôt que d’un apprentissage structuré.

Pourtant, cette autonomie n’est pas synonyme de confiance aveugle. La moitié des étudiants (50,5 %) vérifient systématiquement l’exactitude des réponses produites par l’IA, conscients des risques d’hallucinations ou d’inexactitudes.

Les représentations : utilité immédiate vs. préoccupations éthiques et cognitives

Éthique et environnement : des lignes rouges claires

Les étudiants ont une conscience éthique plus affirmée qu’on ne le pense. Si la reformulation est jugée acceptable par 85,1 % d’entre eux, le « copier-coller » pur et simple est massivement rejeté (86,9 %).

L’impact écologique est aussi une préoccupation réelle : 85,9 % des étudiants connaissent l’impact environnemental de l’IA. Pour le limiter, 55 % des répondants essaient de réduire leur volume d’usage et 14 % optimisent leurs requêtes (prompts) pour qu’elles soient plus précises et moins nombreuses.

Le besoin d’un cadre

Finalement, l’enquête révèle un paradoxe : bien que majoritairement autodidactes, 80,3 % des étudiants souhaitent une régulation par un cadre explicite plutôt qu’un laisser-faire ou une interdiction. Ils attendent de l’institution qu’elle clarifie les usages légitimes et qu’elle propose des formations pour transformer l’IA en un véritable levier de réussite, tout en garantissant l’équité et la valeur des diplômes.

Les diapositives sont issues de la présentation faite lors de la Journée de la Pédagogie.

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