EAD Tip 4 :
Accompagner les apprentissages

Connexion Neuronale

La phase d’appropriation des savoirs est quelque chose de personnel. L’étudiant doit intégrer de nouvelles connaissances dans sa matrice neuronale et plus il arrivera à faire de connexions avec l’existant,  plus ces nouvelles connaissances seront pérennes.

S’il est difficile pour l’enseignant de savoir à quels ancrages chaque étudiant va pouvoir s’amarrer, il peut cependant influencer favorablement ce processus de deux manières :

  • La première consiste à aider les étudiants à faire les connexions avec les connaissances préalablement acquises dans le cours, la formation ou leurs parcours. Ceci peut être fait en faisant  régulièrement référence à ce qui a déjà « été vu ».
  • La deuxième vise à aider les étudiants à se focaliser de leur propre initiative sur des points importants de ces nouvelles notions. Il est important que l’étudiant ne soit pas passif, mais au contraire que ce focus soit fait de son propre chef. Il faut donc l’amener à se poser des questions sur ces passages, manipuler les informations, les transformer, les discuter…

Le guidage de l’apprentissage peut intervenir à divers moments, et prendre de multiples formes selon les activités demandées aux étudiants. Celles-ci seront d’autant plus motivantes qu’elles :

  • sont alignées avec l’objectif du cours et l’évaluation de son atteinte (principe de l’alignement pédagogique) ;
  • font l’objet de feedback de la part de l’enseignant ;
  • produisent des traces visibles, preuves de l’avancement de son apprentissage pour l’apprenant.

Vous trouverez ci-dessous quelques exemples d’activités en fonction de l’intention pédagogique que vous voulez qu’elles couvrent. Cette liste n’est bien entendu pas close et doit s’enrichir de nouvelles activités, plus spécifiques à chaque enseignement et chaque enseignant.

Apprentissage par les pairs

La première intention pédagogique de cette liste est un des atouts les plus forts de l’enseignement à distance: l’apprentissage par les pairs.

Contrairement à ce que laisserait penser son nom, mettre en place de l’apprentissage par les pairs ne décharge pas l’enseignant de sa charge de travail, bien au contraire. Le changement de posture qui lui est demandé va même, dans un premier temps, être certainement chronophage. Cependant cet investissement est très rentable pour les apprentissages des étudiants ;  ceux-ci y trouvent en effet un contexte favorable à une approche socio-constructiviste de leurs apprentissages, “On apprend seul mais jamais sans les autres”. L’enseignant va devoir favoriser cet apprentissage par les pairs en promouvant la collaboration. Ce qui va dans le sens de renforcer la communauté apprenante.

Pour cela le meilleur moyen est de donner des travaux de groupes tels que :

  • présenter un concept à la classe,
  • faire une synthèse d’un passage de cours,
  • expliquer pourquoi on trouve telle solution à un exercice (texte commun),
  • faire une présentation en direct ou une vidéo sur un sujet du cours.

Les outils qui peuvent être utilisés pour cela : des éditeurs collaboratifs (cryptpad, etherpad, mind52,…) des systèmes de communication synchrone (webconf ou salons textuels : Discord, WebEx) des espaces de dépôt asynchrones (forums, dossiers partagés, pod, …).

Introduire la problématique

Présenter la problématique qui va être vue au travers du cours ou de la séquence de cours va permettre :

  • de lui donner du sens pour les étudiants, et donc leur faciliter la compréhension de son intérêt,
  • de préparer les associations mémorielles nécessaires à une bonne assimilation des nouvelles notions.

Les étudiants peuvent être introduits à la problématique du cours en travaillant préalablement sur des études de cas, ou en conduisant eux-mêmes une recherche documentaire préalable sur le cours.

> Outil associé : Partage de fichiers sur la plateforme (dossiers partagés, base de données, forum,…)

Commenter le contenu du cours

Pour accompagner la ressource de cours, l’enseignant peut organiser une session synchrone en webconférence ou audioconférence. Le discours de l’enseignant sera alors plus dans l’explication de la ressource que dans sa présentation, puisqu’elle aura été diffusée en amont.

Il peut être intéressant d’organiser en amont des retours étudiants, questions, incompréhensions, demandes de précisions. Ce qui permettra à l’enseignant de mieux focaliser son discours sur les besoins des étudiants.

Pendant cette période d’appropriation, proposer aux étudiants de formuler par écrit leurs questions les obligent à structurer leur demande, ce qui suffit souvent pour qu’ils trouvent la réponse eux-même. Cela permet aussi de mettre en place de l’apprentissage par les pairs, si les interventions étudiantes sont faites dans un forum par exemple, et que l’enseignant promeut l’entraide étudiante.

> Outils associés : Salons Discord / Forum e-uapv

Questionner le contenu du cours

On peut guider l’appropriation des contenus de cours par les étudiants en leur soumettant des questions, par exemple dans un forum. Faussement naïves, ces questions doivent pousser les étudiants vers une analyse en profondeur, une critique, un commentaire ou une illustration, ou les orienter vers un point particulièrement important ou problématique du cours. Elles sont là aussi une bonne occasion de lancer des débats entre pairs.

> Outils associés : Forum e-uapv

Demander une lecture active ou une synthèse

On peut demander aux étudiants de prendre des notes personnelles durant l’écoute d’une vidéo ou la lecture d’un document. Puis d’en poster un résumé sur la plateforme, sous forme de devoirs ou dans un forum.

Pour aller plus vers une activité de synthèse, la schématisation est une bonne piste : une trace de l’activité de l’étudiant sur le contenu du cours peut alors être une carte mentale, ou un schéma retraçant sa compréhension de la notion / du chapitre.

La prise de notes ainsi que l’activité de synthèse se prêtent bien à la collaboration en petits groupes.

> Outils associés :

Le débriefing de la semaine

Faire élaborer aux étudiants un carnet de bord, qui retrace l’activité qu’ils ont eue au cours d’une semaine ou d’une période, ainsi que les notions qu’ils ont travaillées : les lectures réalisées, les commentaires sur celles-ci…

C’est une activité qui peut s’avérer importante à distance car les étudiants peuvent avoir des difficultés à quantifier le travail effectué pendant une période donnée. S’ils sous-estiment leurs travaux et avancées, il y a risque de démotivation et, à l’inverse, s’ils surestiment leur travail, ce peut-être l’occasion de leur en faire prendre conscience et de re-calibrer leur travail.

> Outils associés :

Proposer des questions de compréhension

Après une vidéo, une lecture, ou un ensemble de ressources, on peut demander aux étudiants de répondre à des questions (de type quiz) qui permettent de vérifier la bonne compréhension de la matière, mais qui permettent aussi un ancrage des notions.

On peut également inverser l’activité en demandant aux étudiants de préparer chacun un nombre déterminé de questions à propos de la notion qui vient d’être vue. Ces questions sont reçues par l’enseignant qui en choisit quelques-unes pour les insérer dans l’évaluation du module.

> Outils : Sur e-uapv : Test, Activité “Qui veut gagner des millions”, Activité « Mots croisés »

Auto-évaluation

Afin de mieux comprendre le travail demandé ainsi que les objectifs pédagogiques, il est parfois intéressant que  l’étudiant soit capable de le formuler lui-même et s’engage dans une démarche réflexive. On peut alors demander aux étudiants d’élaborer une grille d’auto-évaluation, ou leur fournir une grille, afin de vérifier si les objectifs du cours ont été acquis et/ou à quel stade de l’apprentissage ils se positionnent.  Il s’agit d’une activité déclarative : « Avez vous compris… ? », « Connaissez-vous… ? ».